01.02.2012

Affaire Jornot : un vieux machin qui tomberait bien

Ainsi donc, voici mon parti aux prises avec une nouvelle tuile : une bagarre, à en croire le site internet de la Tribune de Genève, ayant mis aux prises le futur Procureur général et des quidams sur un parking de supermarché. Se soldant à la fin par une contravention.

En 2004.

La belle histoire.

Alors même qu'Olivier Jornot n'occupait aucun mandat électif. Pas encore député, plus même conseiller municipal.

La tentation sera rapidement faite par certains d'y assimiler une autre affaire, devant en principe aboutir à une mise en prévention la semaine prochaine.

Et pour ceux que cette aubaine ravira, y compris pourquoi pas là où a priori l'on s'y attendrait le moins, de clamer haut et fort que toutes deux sont à traiter de concert. Soit en réalité à ne pas traiter du tout du point de vue de la fonction, que l'une et l'autre procédures - d'orde privé - ne concerneraient tout simplement pas.

Une chose est donc sûre : le supermarché ravira les tenants de l'amalgame avec la boîte de nuit.

L'on ne peut dès lors, sans être en mesure de pouvoir porter la moindre accusation à l'encontre de quiconque, que s'interroger sur cette inouïe coïncidence. A une semaine d'un coup très dur porté au PLR, le 9 février. Un vieux machin qui tomberait bien, en somme.

Sauf que.

Pour l'un des deux cas, qu'il s'agisse de se référer au bilan politique, à la faculté de négocier encore avec ses partenaires, à faire passer des projets qui contre eux recueillent un large rejet ou aux capacités de relance de l'intéressé, personnalité publique au moment des faits, les incidences sont patentes et ne peuvent être ignorées. Depuis la première minute (cf. mon billet précédent).

Pour l'autre, qui n'a pas même commencé à exercer son mandat et dont les éléments qui le concernent relèvent de la pure vie privée d'une personne privée, en 2004, c'est circulez il n'y a rien à voir.

Et l'on ne pourra pas me faire le reproche d'un parti pris de clocher : l'un en est originaire et l'autre habite à Veyrier.

20:08 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : muller, jornot, plr | |  Facebook

Commentaires

Bonsoir,

En préambule je déclare ne pas connaître M. Olivier Jornot et n'appartenir à aucun parti, ni mouvement politique.

Vous titrez votre billet en écrivant :

" ... un vieux machin qui tomberait bien "

Quant à moi je n'en sais rien, mais je constate simplement que cela promet ...

En tant que citoyen, n'est-on pas en droit d'attendre d'un magistrat élu à un tel poste un comportement et un passé irréprochables ?

Par ailleurs, vous écrivez :

" Se soldant à la fin par une contravention. "

Alors que selon l'article de la TdG, une telle affirmation nous permet de douter qu'il s'agisse d'une simple contravention :

" Pour ces faits, le futur chef du Parquet genevois a été condamné par ordonnance pénale à 1000 francs d’amende et a dû prendre à sa charge les frais d’avocat de la partie adverse. "

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Olivier-Jornot-condamne-en-2004-pour-une-dispute-sur-territoire-vaudois/story/16929370

S'il s'était agi d'une "simple contravention" comment se fait-il que l'on parle de "condamnation et de ... prendre à sa charge les frais d’avocat de la partie adverse. "

Donc un procès aurait bien eu lieu et "l'ordonnance pénale" en question, une "ordonnance de condamnation". On est loin de la "simple contravention" dont vous parlez.
Pourquoi dès lors vouloir tourner autour du pot ?

Pour conclure, qui dit vrai dans cette affaire ?

Ecrit par : Jean d'Hôtaux | 01.02.2012

Comment expliquez-vous qu'un Procureur puisse avoir une autorité sur des collaborateurs pour lesquels est exigé un casier judiciaire vierge ?

Ecrit par : Charly Schwarz | 01.02.2012

"Personne privée" en 2004, c'est vite dit : il était président du Parti libéral à l'époque, ce qui n'était pas rien. Dirigé par des violents se battant comme des palefreniers pour des futilités, ce parti donne une image peu reluisante de la manière dont il recrutait ses cadres...

Ecrit par : Jean-P. Lusson | 01.02.2012

@Jean et Charly : des "voies de fait" sont une simple contravention, qui n'est pas inscrite au casier judiciaire. @Jean-P : président d'un parti politique = président d'une association, rien de plus.

Ecrit par : Thomas Barth | 01.02.2012

Il y en a marre dans cette république de divulger la vie privèe des gens pour un oui ou pour un non.

Ecrit par : Chauffat | 01.02.2012

Je parie que si un candidat à un poste de fonctionariat subalterne présentait un casier judiciaire avec un tel acte de violence, on lui ferait comprendre sans détours que l'administration n'a pas besoin de lui. Et la, ôh miracle de la vie politique, le plus haut poste de l'administration judiciaire échoie à quelqu'un qui peine manifestement à maîtriser ses nerfs et est capable d'acte de violence pour une pécadille.

Ah, voila une belle Genferei.

Ecrit par : djinus | 01.02.2012

Dans une élection « normale » par le peuple, et dans l’état ou se trouve votre parti Monsieur Jornot n’aurait jamais été élu, le peuple est certainement assez mature pour ne pas trop regarder certains comportements, mais il est suffisamment lucide pour se rendre compte que vos élus n’ont pas le niveau, les gens tirent donc un bilan très négatif du travail de vos magistrats. (...)

Ecrit par : Gilliéron PA | 01.02.2012

Décidément, ce parti PLR est une pépinière de "gros bras" !!

Ecrit par : A. Piller | 02.02.2012

@djlinus
Détrompez-vous il y a des fonctionnaires qui ont un casier judiciaire très fourni, cela n'empêche pas qu'ils fassent carrière grâce au droit à l'oubli !

Ecrit par : Mygalon | 02.02.2012

Mygalon,

Je ne parle pas des gens en place, mais je parle des critères d'engagement. En ce qui me concerne, lors de mon (bref) passage dans le public, j'avais du montrer patte blanche et fournir un extrait de casier judiciaire ...

Ecrit par : djinus | 02.02.2012

Et puis, la République semble avoir oublié l'affaire "Joye". Et de trois pour les libéraux. Normal ?

Ecrit par : Dixit | 02.02.2012

En tant que PLR, ce que j'aime chez vous, Monsieur Barth, c'est cette liberté de parole, cette indépendance d'esprit, qui contraste avec la retenue et les messes basses de beaucoup de membres du parti. J'approuve votre message de ce jour : en d'autres termes, à qui profite le crime ?

Ecrit par : Cédric Michel | 02.02.2012

Pour une vision globale de cette histoire de 2004. Il fait préciser que M. Jornot avait déjà un passé d'homme politique genevois. Une carrière politique débuté dans les années 90.

Durant ces année, il était attaché de presse du parti genevois Vigilance et président de la section de Vernier. Durant ces années, il s'est notamment distingué dans ses écrits du journal du parti "Le vigilant" par son opposition très forte à la norme pénale antiraciste.

De la à faire un lien avec l'affaire de 2004 évoqué par la tribune de genève, il y a un pas que je ne franchirait pas !

Ecrit par : Olivier | 02.02.2012

Djinius, puisqu'on vous dit que ce type de condamnation bénigne N'EST PAS inscrite au casier.

Ecrit par : P'tit Suisse | 02.02.2012

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