16.12.2011

Plan directeur : la tempête dans les Communes

Quel est le point commun entre Anières, Carouge, Chancy, Chêne-Bougeries, Chêne-Bourg, Collex-Bossy, Cologny, Confignon, Gy, Lancy, Grand-Saconnex, Meinier, Meyrin, Onex, Perly-Certoux, Plan-les-Ouates, Pregny-Chambésy, Puplinge, Thônex, Troinex, Vandoeuvres, Vernier, Versoix et Veyrier ?

Toutes ces Communes (et l'ensemble des villes) ont d'ores et déjà purement et simplement rejeté le projet de plan directeur cantonal 2030. Cette liste n'est pas exhaustive.

J'appelle une nouvelle fois le Conseil d'Etat à retirer au plus vite ce projet inadapté qui, outre susciter la réprobation de la majorité des Municipalités, provoque l'ire de la population.

Il convient de remettre l'ouvrage sur le métier, en parfaite concertation avec tous les acteurs concernés et doter Genève d'un plan directeur 2030 qui corresponde cette fois-ci aux aspirations légitimes des habitants de notre canton.

08.12.2011

Plan directeur cantonal : classement vertical !

C'est donc d'ici au 31 décembre prochain que les Communes genevoises devront rendre leur verdict sur le plan directeur cantonal 2030.

Ce document, bien que par nature pavé d'intentions confinant souvent au fantasme, est un outil essentiel de la planification à moyen terme des projets d'aménagement dans notre canton.

Or, à n'en pas douter, les débats en cours dans les 45 Conseils municipaux renforceront encore un peu plus la césure entre la politique du Conseil d'Etat et celle des Communes genevoises.

N'y allons pas par quatre chemins : ce projet de plan directeur cantonal, qui prône l'urbanisation massive de Genève sans se soucier de la qualité de vie des habitants, ne mérite rien d'autre que le classement vertical. Avec option déchiqueteuse, je vous prie.

Ce futur-ex document en effet, sous ses allures BCBG bien que recyclé, aux couleurs chatoyantes et mêlant les unes aux autres petites et grandes phrases et cartographies sournoises et alambiquées, prône par exemple ni plus ni moins la disparition des zones villas, qu'il m'est impossible, en tant Genevois, libéral-radical et maire d'une ville de villas, de ne pas combattre.

Tel est hélas le contenu de la funeste fiche A03. Celle qui fera échec et mat.

Proposant de densifier les zones construites dans un rayon de 500m des axes majeurs, le DCTI, ni plus ni moins, plaide expressis verbis pour la mutation d'un grand nombre de zones villas, se désintéressant pour le reste totalement des effets induits comme par exemple la perte du rêve de toute une vie ou la compensation financière des propriétaires ainsi éconduits.

L'idée de base, dont on ne peut imaginer un seul instant qu'elle provienne d'un élu de droite, est une aberration, tant sur le plan économique que sur le plan politique. Le signal donné à cette population largement généreuse en terme de recettes fiscales est une hérésie et la crise actuelle ne fait qu'en rajouter une couche.

En effet, la zone villas de notre canton, figure de la dimension humaine de notre territoire, n'a, à n'en point douter, contribué à ce que Genève puisse prospérer jusqu'ici. Scier la branche sur laquelle nous sommes assis en urbanisant sans discernement, y compris au sein même de cette zone, ne pourra conduire qu'à ce que Genève rentre dans le rang et par conséquent rétrograde dans tous les classements de la Création. Est-ce vraiment cela que souhaitent le DCTI et le Conseil d'Etat ?

Démesure versus bonnes mesures.

C'est en ce sens que le projet de loi déposé récemment par le PLR au Grand Conseil se doit en revanche d'être soutenu. Envisageant une meilleure utilisation du sol et permettant aux propriétaires de valoriser leur parcelle, elle permettra d'augmenter, le cas échéant, l'offre de villas, tout en préservant cette zone et l'équilibre qui lui est rattaché. La contribution à la résolution de la pénurie de logements ne passe en effet pas par la mutation de la zone villas, mais par son adaptation et sa mise au goût du jour, ce que les députés signataires de ce projet de loi ont, eux, bien compris.

Mais la disparition envisagée de la zone villas n'est pas la seule raison qui doit conduire au rejet du plan directeur cantonal, s'il poursuit son chemin procédural. Alors-même que pas un seul clou n'a été planté à ce jour dans les grands projets issus du plan précédent, principalement à mon sens pour les raisons évoquées dans mon papier sur ce blog du 22 novembre dernier, voici qu'on nous présente l'étape 2, celle des déclassements de parcelles dont l'Etat ne possède par exemple par un seul mètre carré et où la question n'a pas même été posée aux propriétaires concernés. Il en va ainsi, par exemple, des Quibières à Veyrier, où 1'600 logements et 400 emplois sont projetés.

Or, alors-même que Genève a tant de peine à absorber sa croissance, que les blocages sont légion faute d'une quelconque méthode de travail du DCTI et que procéder avec pédagogie ne serait pas exercice inutile, l'on continue à procéder avec démagogie, comme au premier jour de la législature lorsqu'urbi et orbi, avec gravité, l'on proclama l'avènement de l'Ere 2'500...

Et c'est pour tant d'autres raisons encore, qui seront mises en exergue par les prises de position des Communes d'ici à la fin de l'année et que la place, votre temps précieux et l'envie me dissuadent de relater, que ce plan directeur cantonal-là ne pourra qu'être jeté aux orties.

Au jour de l'écriture de ce billet, Confignon, Pregny-Chambésy et Chêne-Bourg ont à ma connaissance dit non. A l'unanimité s'il-vous-plaît. Et bien d'autres Communes feront de même.

Le chef du DCTI serait ainsi bien inspiré, dès le 2 janvier, bien reposé, de prendre la décision qui s'impose : retirer de la circulation ce texte qui ne correspond en rien aux aspirations des Genevois, remettre l'ouvrage sur le métier avec un soupçon de concertation et éviter de soumettre au Grand Conseil un objet qui ne pourra, au mieux, que diviser les élus cantonaux et les élus communaux. Amplifier les frustrations et nuire à la Genève des 20 prochaines années. Cela ferait beaucoup pour un seul document.

 

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