25.10.2011
L'échec en trois actes.
La défaite pour mon parti, le PLR genevois, est là. Brute et implacable. Disons-le sans ambage, pour reprendre les termes d'Olivier Jornot, il s'agit bel et bien d'un véritable désastre. Mais cet échec et la désaffection qui l'accompagne est surtout celui d'une stratégie mal engagée, précipitée et vicieuse à souhait, qui s'est jouée en trois tableaux. Le premier acte avant les élections municipales du printemps dernier. Lors d'une mémorable séance tenue - pour d'obscures raisons - à huis-clos au château de Penthes, nous étions bien seuls, les quatre ou cinq magistrats communaux présents, à fustiger cette alliance de circonstance avec l'UDC. Même les figures traditionnelles s'y sont trompées et certains nous ont sifflé. Mais nous devions ensuite assumer, pour les Administratives, la réaction des électeurs et de nos collègues des exécutifs. Non pas que ce rapprochement, appelons-le ainsi, ne devait pas être discuté à terme. Non pas qu'il ne faudrait pas, le jour venu, étudier les compléments possibles à la traditionnelle Entente, afin de combattre notre véritable adversaire : la gauche. Mais pas à ce moment-là, pas comme cela. Tout d'abord, parce que nos partenaires habituels s'y refusaient. Or, à la hussarde, nous la leur avons imposée, avec les résultats que l'on sait. Notre valeureuse candidate en Ville de Genève allait servir, malgré elle, de prétexte à l'assouvissement des fantasmes politiques du président d'alors du parti. Et les magistrats communaux du PLR, comme à Carouge ou ailleurs, de subir la foudre du deuxième tour. Second acte : la Cour des comptes. Alors que le PLR disposait du candidat le plus valable qui soit, place nette était faite à l'extrême-gauche. Scénario ô combien prévisible : l'électeur ne se reconnaissant pas dans les stratagèmes des partis politiques, mais bien plus dans les alliances programmatiques. Or, de ces dernières, il n'était hélas aucunement question. Acte trois, les Fédérales nous auront fait boire le calice jusqu'à la lie : personne en effet, même au sein du parti et a posteriori, ne saurait justifier les raisons de l'alliance pour le Conseil des Etats autrement que pour tenter de faire passer notre excellent candidat avec de bas calculs, dont le résultat est au final davantage qu'absent. Il ne s'agit désormais pas de savoir si 130 voix, plus ou moins, nous ont manqué pour assurer le 3ème siège au National, que Pierre Weiss aurait d'ailleurs magnifiquement occupé. Il s'agit d'assumer la défaite et de rebondir. Pour cela, mettons l'ouvrage sur le métier et traitons d'abord à l'interne, tous ensemble, nos thématiques. Si elles nous permettent d'entrevoir une grande alliance à droite, tant mieux. Sans transiger sur nos valeurs. Si elles ne nous le permettent pas, tant pis. Au moins, contrairement à la mascarade en trois actes, savamment orchestrée par Celui qui de l'intérieur fait désormais tout pour nuire à son successeur, nous pourrons alors regarder l'électeur en face.
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