01.11.2011
De la nécessité d’un véritable électrochoc
Ces élections derrière nous, quelles perspectives. La question est sur beaucoup de lèvres, particulièrement au PLR. Je veux croire et me persuader que celles-ci sont bonnes. Tout d’abord car notre parti est jeune et ne pourra donc que se bonifier. Mais je suis pragmatique et essaie surtout d’être objectif. Le liant entre anciens libéraux et radicaux n’a manifestement pas encore pris toute sa forme. D’aucuns, par exemple de leur perchoir, bien que d'ordinaire si humanistes et inspirés, n’ont toujours pas digéré l’assemblage et se font un devoir de critiquer à l’occasion leurs propres édiles. D’autres, imaginant à tort que l’Etat et les communes se gouvernent comme se font et se défont les majorités au Grand Conseil, fustigent l’Entente, pour ne pas dire lui tirent dessus à balles réelles. Or, l’heure n’est pas à la dispersion. Passée celle du bilan, elle est à la réflexion. Conjointe mais souple. Unie mais ouverte. Nos électeurs nous la réclament. Et ils y ont droit. Les questions à résoudre rapidement doivent être claires et réduites à l’essentiel.
En premier lieu, nul ne peut contester que le PLR n’a pas les moyens de gouverner seul. Il doit donc trouver des alliances avec ceux dont les options paraissent les plus compatibles. Sur cette question et afin de ne pas alimenter éternellement les divisions, pourquoi ne pas interroger les adhérents ? Verts libéraux, PDC, UDC ? Après un séminaire consacré à débattre du fond, des points communs et des divergences, ouvert à tous nos membres, le sujet pourrait être alors tranché par ceux-ci. Sereinement et démocratiquement. Pas uniquement par les caciques, forcément influencés. Et alors imposer une ligne de conduite naturelle à chacun d’entre nous.
Second point à traiter le plus vite possible, la légitimité dans deux ans de nos Conseillers d’Etat. Il est extrêmement dommageable, dans un parti politique quel qu’il soit, d’entendre autant de critiques sur les siens. Surtout lorsque ceux-ci occupent les plus hautes fonctions. Je le vis au quotidien dans ma commune avec l'un d'entre eux. Comment puis-je continuer à répliquer décemment à ma population largement libérale-radicale, qui m’a fait l’honneur, sur la base d'un programme précis, de me porter au premier rang des élections municipales de ce printemps, que la politique qu’il faut combattre est bien celle du magistrat cantonal de ce même parti. La situation n’est profitable à personne et en tous les cas pas au PLR. Car lors des prochaines élections cantonales, il y a lieu de craindre, comme lors des récentes élections fédérales, qu’une partie non négligeable du vote PLR ne se transforme en vote UDC ou Vert libéral. Voire MCG. Et ce qui vaut à Veyrier risque de valoir à Cologny, à Thônex, à Troinex, à Chêne-Bourg, à Bernex ou à Pregny-Chambésy, pour ne citer qu’elles. L’addition ne serait que trop corsée.
Entamons dès lors ce véritable travail de fond que méritent nos électeurs. Dans l’intérêt de ceux-ci et du parti libéral-radical genevois. L’heure est maintenant celle d’un véritable électrochoc.
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Coup de semonce contre Rochat et Muller
Les libéraux-radicaux ont de fortes personnalités. Je ne parle pas de ceux qui n'osent pas se lancer en politique ou y perdraient trop d'intérêt. Je veux parler des citoyens qui sont papables pour le Conseil d'Etat. Les Jornot, Aellen, Barth, Lüscher d...
Trackback par : Vu du Salève: Genève... | 01.11.2011
Commentaires
A priori, effectivement, je trouve pas mal de demander l'avis des membres.
Mais en y réféchissant je me pose deux questions.
(1) les membres ne sont qu'une petite partie des votants d'un parti.
(2) les partis de gauche qui sont unis de l'extrême jusqu'au centre et gagnent ces dernières années à Genève ont-ils fait voter leurs membres sur le sujet ou ont-ils simplement acté une alliance pour la victoire dont le but ultime est de battre la droite divisée.
Dans ce dernier cas il faudrait alors simplement s'unir à droite pour combattre le bloc de gauche qui ne peut amener Genève et la Suisse qu'à sa perte.
Ecrit par : Anonyme | 01.11.2011
Je pense qu'il faut casser aussi une autre image : L'alternative n'est pas unie jusqu'à l’extrême gauche.
Peut être dans certaines communes, mais la politique communale est bien différente que celle du Grand Conseil.
Cela fait 8 ans que l’extrême gauche s'est cassée la figure au Grand Conseil mangeant bon an mal an près de 14 % de l’électorat de gauche... pour le plus grand bonheur de la droite :-)
L’extrême gauche est constituée de plusieurs mouvements distincts avec des fondements et des bases différentes, les alliances de gauche ont toujours buté sur des tentions internes très fortes car elles sont composées de personnalités très hétérogènes ayant des fondements très différent, mais des but similaires.
Il est donc faux de dire que la gauche est unie d'un bloc, ce n'est que le fantasme de certains PLR qui rêve d'une alliance fusionnelle avec l'UDC, (voire idéalement le MCG) pour damer le pion une bonne fois pour toute à l'alternative.
Il faut se rendre compte d'une chose: un parti à la force qu'il a et c'est tout ! Et toutes alliances de circonstance est vouée à l’échec, tôt ou tard...
Ecrit par : Olivier | 01.11.2011
@ Olivier
"Peut être dans certaines communes, mais la politique communale est bien différente"
Oh non, mon cher. Dans les communes aussi ça rue dans les brancards.
La politique reste la conquête du pouvoir.
A cet égard, je trouve que le PLR s'en sort plutôt bien malgré tout.
Voici un parti miné par les concurrences internes, plombé par l'incompétence de ses magistrats cantonaux et caricaturé à outrance par le meilleur des journalistes romands et qui se maintient, dans l'ensemble.
Ecrit par : pellet | 01.11.2011
A Genève, en 1999 aux élections fédérales, le bloc de l'entente (PDC+PRD+PL) faisait à lui seul 45,28% des voix contre 28,19% à l'alternative (PS+Verts). La majorité en somme.
En 2011 après 3 législature, l'entente fait 28.41% contre 33.15% à l'alternative. (à noter que le PS est stable à ~19% de 1999 à 2011, ce sont les Verts qui ont progressé 8.21 à 14.2).
Entre temps, la gauche de la gauche (PdT+Sol) passe de 16.74% en 1999 à 6.48% en 2011. (avec une chute à 8.12% dès 2003 !)
L'UDC passe elle de 8.75% en 1999 à 16.02% en 2011 auquel il faut ajouter en 2011 9.78% pour le MCG (3.16 pour le PVL-Vert'libéraux.)
Entre 1999 et 2011, il y a simplement eu l'émergence de nouveaux partis (PVL, MCG), une prise de force de la droite de la droite (UDC), l’effondrement de la gauche de la gauche (Pdt+Sol), le maintient du PS, une hausse des Verts et une baisse significative de la force de l'entente (PLR+PDC).
C'est une évolution de la société, l'entente doit la prendre en considération et se demander pourquoi ses propositions ne sont plus autant suivie qu'il y a 12 ans. Pourquoi l'UDC et le MCG font de si bon résultat et pourquoi l'alternative à elle réussi à se maintenir.
Ecrit par : Olivier | 01.11.2011
Ta conception des rôles respectifs des magistrats cantonaux et communaux est fausse, cher Thomas. Mais si l'on devait suivre ta logique, il faudrait admettre que tu prends le problème à l'envers. La question serait : que fais-tu au PLR si tu combats la politique de construction de logements sur la base de laquelle j'ai été désigné par le parti pour le représenter au Conseil d'Etat, élu puis réélu facilement par le peuple ? En réalité, les choses sont différentes : je défends une approche cantonale, voire régionale, qui consiste à développer la construction de logements dans le respect d'une cohérence globale du développement. Je suis d'ailleurs regulièrement soutenu dans mes projets par le Grand Conseil, voire même par la population genevoise.
De ton côté, tu défends la position communale, qui peut diverger, ce que je respecte. (...)
Ecrit par : Mark Muller | 02.11.2011
Tu as raison Thomas, il faut prendre le temps de la réflexion puis il faudra aussi passer rapidement à l’action. Quel programme pour nos communes, quelle vision pour Genève ? Tout est à redéfinir…
L’avons-nous fait, avons-nous pris le temps de consulter réellement nos électeurs? J’en doute. En revanche, ces derniers n’hésitent pas à nous faire part de leur mécontentement et de nous dire clairement qu’il ne se reconnaissent plus dans la politique menée par certains Conseillers d'État. Pourtant, ce sont ces mêmes électeurs qui ont élu ces magistrats, bien qu’ils mènent une politique si différente de la nôtre.
Nos électeurs seraient-ils victimes de schizophrénie? Non! Ils votent pour les candidats de leur parti, simplement. Ce que l’histoire ne dit pas, c’est que ces électeurs choisissent notre parti en se basant, en grande partie, sur l’exemple de la politique communale menée par des élus qui leur sont proches. Il est alors décevant de constater la rupture profonde qu’il y a entre nos attentes et la politique menée par notre magistrat cantonal. Parce que les magistrats communaux manifestent au sein de leurs communes des positions bien plus proches des électeurs libéraux-radicaux, il serait bon qu’ils soient mieux entendus dans la politique cantonale surtout si cette dernière est menée par des magistrats issus du même parti. Il est absolument nécessaire de réconcilier l'État avec les communes si nous voulons éviter une sanction magistrale qui est à prévoir si, à l'État, nos élus continuent d’ignorer les préoccupations communales.
Quand aux “rôles respectifs des magistrats cantonaux et communaux “ je suis curieux de savoir ce qu’ils sont puisque il semble que tu aies tort.
Ecrit par : Hubert Schneebeli | 05.11.2011
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